Leena Lecointre
22 mai 2024

Les atouts de l’enseignement supérieur français pour les carrières internationales

La soirée France Alumni Day qui se tenait le 15 mai 2024 au Quai d'Orsay a été l’occasion d'évoquer le sujet de l’employabilité des étudiants étrangers diplômés en France.

« Environ 42% des étudiants étrangers sont restés sur le territoire français à la suite de leurs études ». Voilà ce qu’a observé Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales de l’OCDE, invité à participer à une table-ronde lors de la soirée France Alumni Day, organisée le 15 mai 2024 par Campus France. Le thème de cette table-ronde ? « Des talents formés aux carrières mondiales ». Les quatre intervenants sont donc revenus sur les différents avantages de l’enseignement supérieur français pour les étudiants internationaux dans leurs carrière professionnelle. 

Des étudiants déjà familiarisés avec le milieu professionnel

Parmi eux, le directeur général du Medef international Philippe Gauthier a noté qu’« il est beaucoup plus facile pour une entreprise française d’accueillir un salarié qui serait diplômé d’un établissement supérieur français » par rapport à un étudiant diplômé dans un autre pays. Selon lui, l’adaptation culturelle rend les travailleurs internationaux plus attractifs pour les groupes français, en France mais aussi à l’étranger. « Nous avons besoin d’anciens étudiants internationaux pour développer des projets à l’étranger. La connaissance culturelle dans les pays où nous désirons nous implanter constitue un atout considérable. »

Un autre atout a été soulevé par les intervenants : l’importance accordée aux stages dans le cadre des études supérieures en France. « En Espagne, le concept de stages obligatoires pour valider les études n’existe pas, et il n’est pas non plus répandu pour les Bachelors américains », a indiqué la présidente de Vinci Highways Belen Marcos. Selon elle, le lien entre les entreprises et les écoles est largement favorisé en France. « Chez Vinci, nous avons plusieurs partenariats avec différents établissements français, ce qui facilite l’insertion. » Les intervenants se sont aussi accordés à dire que la capacité à s’intégrer dans un environnement professionnel joue largement dans le recrutement et peut permettre de faire la différence entre deux candidats de même niveau d’études. 

Comment faire face à la compétition internationale ? 

Même si nombres de cursus français permettent d’atteindre une certaine « excellence académique », et que ces diplômes sont de véritables « marqueurs » de qualité dans le monde du travail, la compétition avec d’autres établissements internationaux est constante. Également présente, la vice-présidente d’Orange Afrique et Moyen-Orient, Aminata Kane Ndiaye a rappelé que les étudiants internationaux ont à choisir parmi une multitude d’options : le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore leur pays d’origine. « La démocratisation des réseaux sociaux contribue également à véhiculer une mauvaise image de la France, comme de mauvaises conditions d’accueils ou autres difficultés pour les étudiants étrangers. » Or, pour elle, « la France a de véritables atouts qu’elle doit valoriser », comme son système de santé ou les bourses qu’elle propose.

« La France a perdu des places dans le classement des pays de l’OCDE en termes d’attractivité auprès des étudiants, start-ups, et des investisseurs, a aussi précisé Jean-Christophe Dumont. Mais nous observons des indicateurs positifs, comme le fait qu’un titre de travail sur deux est délivré [par l’Etat français] à des personnes qui étaient précédemment venues étudier en France. » Le représentant de l’OCDE explique que la France sait en effet valoriser ses étudiants internationaux, notamment avec la délivrance de permis de recherche d’emploi pour les diplômés de l’enseignement supérieur français qui seraient rentrés dans leurs pays d’origine. 

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