Leena Lecointre
19 août 2024

Lyfel, une alternative aux lycées français sous la forme d'un « complément de scolarité »

Depuis qu’il a ouvert ses portes en janvier 2024, le Lycée français en ligne (Lyfel) accueille une cinquantaine d’élèves et en attend le double pour sa prochaine rentrée le 16 septembre. Fondé par deux enseignantes, cette école à distance se présente comme un complément de scolarité française pour les familles qui choisissent de scolariser leurs enfants dans des écoles locales à l’étranger. Entretien avec sa fondatrice, Valérie Sistac.

Français à l’étranger : Qu’est-ce que Lyfel ?

Valérie Sistac : Le Lycée français en ligne, ou Lyfel, est une école en ligne qui propose un complément de scolarité en français. Il s’adresse aux expatriés français ou aux francophones dont les enfants suivent un cursus scolaire dans des pays étrangers et qui n’ont pas l’envie ou la possibilité de s’inscrire dans un lycée français. Nous suivons un rythme périscolaire, c’est-à-dire que les leçons sont données deux à trois soirs par semaine, après l’école entre 15h30 et 19h30 selon les fuseaux horaires et le rythme des enfants.

Deux types de programmes sont possible : le « Complément de scolarité 100% cours de français », ou le « Complément + ». Le premier permet d’acquérir les compétences du programme français de l’éducation nationale du primaire jusqu’à la fin de la troisième. Quant au Complément +,  il est fait pour les élèves qui souhaitent suivre véritablement une double scolarité française-locale du CP à la terminale et qui envisagent de passer le brevet des collèges ou le baccalauréat français à la fin de leur parcours.

Comment est né ce projet ?

Avec mon associée Hélène Clamens, nous avons fondé Lyfel. Enseignantes de formation, nous avons toutes deux une grande expérience au sein des lycées français du réseau AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger) à travers le monde. Cette expertise, combinée à mon vécu en tant qu’expatriée, nous a révélé la nécessité d’une offre de complément de scolarité français pour répondre aux besoins spécifiques des familles. En effet, beaucoup d’expatriés ne scolarisent pas leurs enfants dans des lycées français à l’étranger. Ce choix peut avoir de multiples raisons : situation géographique, volonté de s’intégrer à la culture locale, frais de scolarité trop élevés etc. Choisir ce modèle avec Lyfel permet donc une double scolarité et permet à la fois de garder ce lien avec la culture française, mais aussi de passer le brevet des collèges ou le baccalauréat.

Vous avez ouvert vos portes en janvier 2024. Quels sont vos effectifs actuels d’élèves et d’enseignants ?

Nous accueillons actuellement une cinquantaine d’élèves, mais les inscriptions sont encore ouvertes, et nous recevons des demandes tous les jours : nous espérons une rentrée le 16 septembre avec 100 élèves. Notre modèle consiste à constituer des classes à tout petit effectifs : les CP par exemple ne sont que 4 par classe. En effet, ce choix pédagogique permet de proposer un enseignement d’excellence et de qualité au plus près des programmes de l’Éducation nationale française. Même si nos effectifs augmentent, nous resteronts toujours indéniablement sur le choix de garder des classes à petits effectifs, et nous embaucherons davantage d’enseignants. Ces derniers sont titulaires de l’Éducation nationale et ont également pour la plupart une expérience passée ou actuelle dans les lycées français à l’étranger.

Vous accueillez des élèves des quatre coins du globe. Comment formez-vous les classes ?

Lyfel s’organise selon les fuseaux horaires que sont la zone Amérique, la zone Europe-Afrique, et la zone Asie. Chacune est gérée par  un chef d’établissement ainsi que les enseignants. Cela rend l’expérience d’autant plus enrichissante : un élève qui est à Berlin peut se retrouver dans la même classe qu’un élève qui est à Barcelone ou à Casablanca. Ce sont cette diversité et cette ouverture internationale au sein des classes qui font la richesse de Lyfel. Par la suite, nous demandons égalemement en amont aux parents les emplois du temps des enfants – activités périscolaires, sports etc. – pour former les classes selon les journées qui leurs conviennent le mieux.

share Partager

Actualités internationales

Moyen-Orient : les Français du Golfe face aux tensions

Depuis l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la tension s’est étendue à plusieurs pays du Golfe, affectant à la fois les infrastructures stratégiques et la vie quotidienne des Français sur place.

Actualités internationales

Les médecins formés au Royaume-Uni avant le Brexit pourraient bientôt pouvoir exercer en France

La motion, présentée mi-février par le député de la troisième circonscription des Français de l’étranger, Vincent Caure, a été approuvée à l’unanimité en première lecture par l’Assemblée nationale.

Actualités internationales

Expatriés : la Malaisie change les règles du jeu

Face à un taux de chômage au plus bas, les autorités de Kuala Lumpur ont décidé de durcir les conditions d’accès et de séjour dans le pays pour les travailleurs étrangers.

Actualités internationales

Les « orphelins du PEQ » passent à l’offensive judiciaire au Québec

Des milliers de vies sont suspendues depuis l’arrêt brutal du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Les familles immigrantes qui comptaient sur ce programme pour s’installer durablement au Québec doivent-elles tirer un trait sur leur projet de vie ? Le doute s’est installé, tenace, et avec lui un profond sentiment de vertige. Les « orphelins du PEQ » ne se contentent plus de manifester : ils se tournent maintenant vers les tribunaux, pour tenter de faire reconnaître une injustice qu’ils dénoncent depuis des mois.

Actualités internationales

Les Palmes de l’EFE 2026 : la Sorbonne en ligne de mire pour l’école française du monde

Après une première édition remarquée, les Palmes du réseau d’enseignement français à l’étranger reviennent. L’appel à candidatures est ouvert pour 2026 : enseignants, élèves, parents et associations ont quelques mois pour raconter leurs projets. Une manière de rappeler que la France éducative ne s’arrête pas aux frontières — elle s’invente chaque jour à Buenos Aires, Dakar ou Tokyo.